EDITO

Vers un Offshore "Smart"

 

La profonde crise que connait l’offshore pétrolier a bouleversé l’industrie dans sa globalité et accélère l’évolution des métiers.

Fidèle à son histoire, BOURBON, qui n’a eu de cesse d’évoluer ces 20 dernières années, a d’ores et déjà pris des décisions fortes se traduisant par un plan de transformation et une politique volontariste de réduction des coûts nécessaire dans ce nouveau contexte économique.

Illustration de cette transformation et sujet central de ce magazine, le programme Smart shipping vise à garantir des opérations plus sûres, efficientes et rationnalisées, grâce aux innovations permises par la révolution digitale. Pour toujours plus d’excellence opérationnelle.

 


Le programme Smart shipping vise à garantir des
opérations plus sûres, efficientes et rationnalisées

 

C’est à notre tour d’évoluer, tout un chacun. L’automatisation des systèmes embarqués est déjà une réalité pour nos marins et nous devrons tous rapidement innover pour inventer notre modèle, nos métiers de demain.

L’heure est à l’intelligence opérationnelle : navires connectés, recours à la maintenance prédictive, centres de contrôle à terre, rationalisation des tâches, etc. 

L’Offshore de demain sera smart. Ne l’est-il pas déjà ?

 

Gaël Bodénès
Directeur Général délégué

 

PAROLES D'EXPERT

Automatisation du DP : un nouveau système connecté améliorant la sécurité

La nouvelle organisation du positionnement dynamique, qui associe une technologie connectée à un changement organisationnel, sera synonyme de plus de sécurité pour les équipages et de réduction des coûts pour BOURBON. Le groupe le teste actuellement dans le cadre d’un contrat pour BP à Trinité-et-Tobago. Un pas de plus vers l’intelligence opérationnelle.

 

Le positionnement dynamique

Elément clé de la stratégie Smart shipping de BOURBON, le positionnement dynamique – ou DP pour dynamic positioning – est un système automatique de contrôle de cap et de position. Qu’il s’agisse de demeurer en position pendant une opération cargo ou de maintenir un cap et une vitesse pendant une opération de pose de câble par exemple, le système DP a la capacité de réagir à chaque instant aux informations qui lui sont transmises par des capteurs et qui concernent l’impact du vent sur la coque, le tirant d’eau ou une force externe générée par une remorque, un câble sous-marin en cours d’installation ou une conduite sous-marine lors d’une opération de pose de pipe. Ce système est géré par des DPO (DP Officers), qui le surveillent en permanence sur la passerelle et appliquent ses recommandations.

En dépit de l’expérience et des qualifications des officiers, l’erreur humaine ne peut jamais être évitée, qu’il s’agisse d’une erreur mécanique ou d’une erreur de calcul, ou encore d’un moment de distraction ou d’inattention. Sachant que 80 % des collisions et quasi-accidents à proximité d’installations offshore sont la conséquence d’erreurs humaines, concernant notamment les procédures opérationnelles du DP, il était urgent d’agir pour améliorer la sécurité, aussi bien pour les navires BOURBON que les autres actifs à proximité. 

S’appuyant sur des technologies intelligentes et redéfinissant l’ergonomie de la passerelle des navires, l’application d’automatisation du DP, développée par BOURBON en partenariat avec Kongsberg Maritime et Bureau veritas, surveille en continu un large éventail de paramètres grâce à une multitude de capteurs. Elle optimise ainsi activement les ajustements du positionnement et guide les opérateurs en cas de situation dégradée. 

Par l'introduction d'une technologie semi-autonome, les applications d'automatisation du DP amélioreront la sécurité et l'efficacité des opérations .
SHAM PARASRAMMarine team lead, logistique bp trinidad ET TOBAGO

Des avantages multiples

L’accroissement du niveau d’automatisation améliorera principalement la sécurité, notamment dans la zone de sécurité des 500 mètres, mais ce n’est pas tout. En effet, le système régulant la puissance des moteurs et des hélices, ses capteurs transmettent des données facilitant la mise en œuvre de programmes de maintenance prédictive, ce qui améliore l’efficacité opérationnelle. Le fonctionnement optimisé des moteurs implique également une moindre consommation de carburant, un avantage apprécié des clients.

Autre atout, la nouvelle application est particulièrement utile pour l’équipage en termes de manning. En plus du commandant, du second capitaine et du DPO spécialisé, un quatrième membre de l’équipage peut piloter le système. Essentiellement mécanicien ou électricien, ce marin recevra une formation spécifique lui permettant d’assurer la doublure en tant que DPO junior.

L’application d’automatisation du DP est actuellement à l’essai sur l’un des navires les plus modernes du groupe, le Bourbon Explorer 508, sous contrat pour une plate-forme de forage BP à Trinité-et-Tobago. Comme l’explique Sham Parasram, Marine Team Lead au sein du département Logistique de BP Trinidad and Tobago, la motivation était forte chez BP pour participer à ce projet pilote : « BP est favorable à un accroissement de l’utilisation de technologies semi-autonomes, non seulement car elles renforcent l’efficacité, mais aussi et surtout car elles améliorent la sécurité. En réduisant le facteur humain, l’application d’automatisation minimise les risques d’accidents. Nous attendons également du système une réduction de la consommation de diesel, ce qui diminuera nos coûts. »

 

Prochaine phase du développement

L’application sera reliée à un centre de commande à terre, qui centralisera les données et permettra un contrôle en temps réel de haut niveau. Il sera ainsi plus facile de rassembler des données sur l’ensemble de la flotte, afin d’améliorer les informations nécessaires à la prise de décision pour chaque navire.

 

Un engagement en faveur de la modernisation

Avec l’avènement de la révolution numérique, ce type de surveillance à distance est de plus en plus présent dans toutes les branches de l’industrie pétrolière et gazière, à l’instar, par exemple, du système Well Advisor actuellement déployé par BP pour surveiller et superviser les opérations de forage et d’extraction. Le but ? Améliorer la prise de décisions.

BP utilise également d’autres applications numériques pour accroître l’efficacité opérationnelle. L’entreprise a ainsi introduit un e-manifeste, un logiciel utilisé lors du chargement des cargaisons sur les navires. Autre nouveauté, conçue par l’équipe logistique de BP Trinidad and Tobago, une version électronique de la checklist à remplir avant l’entrée d’un navire dans la zone des 500 mètres. Celle-ci peut à présent être remplie rapidement sur tablette, éliminant ainsi les documents papiers.

« BP s’engage sur la voie de la modernisation, souligne Sham Parasram. Notre constat est le suivant : plus nous utilisons de technologies connectées et d’applications de pointe, plus nos opérations sont sécurisées et efficaces. En collaborant avec BOURBON et ses partenaires au projet d’application de l’automatisation du DP, nous participons à la transformation de l’industrie. »

 

ILS TEMOIGNENT

Règles d’or : faire de la sécurité un réflexe au quotidien

En 2018, BOURBON lance ses « LIFE SAVING RULES », une synthèse des règles majeures de sécurité que chaque collaborateur doit comprendre, partager et appliquer, en mer comme à terre. L’occasion pour Patrick Lievre, Corporate HSE Manager de BOURBON, d’échanger avec Jérôme Dupont, Directeur Facteurs Humains et Organisationnels de la Sécurité de TOTAL.   

 

TOTAL dispose de Safety Golden Rules : quel est leur objectif ?

Jérôme Dupont : Les 12 Règles d’or de la sécurité au travail que nous avons identifiées sont un socle commun de règles basiques qui s’imposent à tous nos collaborateurs et nos contractants. La règle d’or est un réflexe à acquérir, une règle ultime à appliquer en toutes circonstances et à ne pas transgresser.

 

Qu’en est-il des Life Saving Rules de BOURBON ?

Patrick Lièvre : Les causes de nos accidents sont quasiment toujours identiques. Malgré l’efficacité de la campagne « Safety Takes Me Home » menée ces dernières années, nous avons constaté que BOURBON ne disposait pas de règles de sécurité facilement identifiables et mémorisables, pour faire le lien avec ces accidents. C’est pourquoi nous avons décidé de mettre à disposition de nos collaborateurs des « Life Saving Rules » accessibles à tous, synthèse de règles déjà existantes dans l’entreprise, qui vont s’exprimer sous la forme d’obligations et d’interdictions du type Do/Don’t, comme le fait TOTAL, du reste.

 

12 règles

qui devraient permettre d'éviter 80 % de nos incidents et 100 % des accidents mortels

 

Comment ont-elles été établies ?

P.L. : Nos « Life Saving Rules » ont été officiellement diffusées au sein du groupe au début de l'année 2018. Elles reposent notamment sur une analyse de nos propres incidents et sur une étude des règles existantes chez nos pairs.

J.D. : De notre côté, c’est suite à une année 2009 difficile en termes de sécurité que nous avons ressenti le besoin de revenir à un nombre limité de règles simples de sécurité, s’appliquant aux domaines dans lesquels le nombre d’accidents est le plus prépondérant. Nous avons alors mené une étude d’accidentologie et défini 12 règles formulées sous forme d’obligations et d’interdictions. Correctement appliquées, elles devraient permettre d’éviter 80 % de nos incidents et 100 % des accidents mortels.

 

Comment s’inscrivent-elles dans votre politique globale de sécurité ?

P.L. : Les Life Saving Rules sont dans la continuité de nos standards comme l’OSM (Operational Safety Management), nos campagnes de sécurité existantes, et notre « Stop Work Policy » à utiliser en cas de non-respect des procédures. Notre objectif est d’impliquer chacun de nos collaborateurs et de les inciter, en cas de danger, à faciliter le reporting et à légitimer les interventions.

J.D. : Chez TOTAL, inversement, la « Stop Card », qui donne autorité à son détenteur d’intervenir à tout moment si une situation semble dangereuse, est arrivée après les règles d’or. Nous encourageons nos salariés et nos contractants à faire preuve de zéro tolérance et d’une intervention systématique via la « Stop Card » dès qu’un écart est constaté.

 

La règle d’or est un réflexe à acquérir, une règle ultime à appliquer en toutes circonstances et à ne pas transgresser.
Jérôme DupontDirecteur Facteurs Humains et Organisationnels de la Sécurité de TOTAL

Comment ces règles sont-elles déployées ?

J.D. : Nous multiplions les outils et actions pour ancrer ces règles d’or dans la sécurité au quotidien : affichage, e-learning, livrets dédiés à des règles spécifiques, campagne annuelle sur quelques règles spécifiques. Tout intervenant, qu’il soit TOTAL ou non, est formé aux Règles d’or et ses connaissances sont contrôlées.

P.L. : De même chez BOURBON, le lancement des « Life Saving Rules » s’appuie sur une communication dans nos outils internes, mais aussi via des affiches et des flyers, sur le terrain. Le cascading de l’information est un réel challenge pour une compagnie comme la nôtre et nous mettons tout en œuvre pour que le déploiement des « Life Saving Rules » soit efficace et rapide. Aucun collaborateur, qu’il soit embarqué ou basé à terre, ne doit à terme les ignorer.

J.D. : J’ajouterai que l’organisation de la journée mondiale de la sécurité le 28 avril est toujours l’occasion d’organiser des concours et des initiatives sur les règles d’or pour faciliter leur l’appropriation.

P.L. : Absolument. Nous mettons également à profit cette journée très spéciale pour porter haut les messages sur l’importance de la culture sécurité dans le groupe. En 2018, les « Life Saving Rules » seront un support très largement mis en avant par nos équipes.

 

Pensez-vous qu’il faudrait instaurer des règles d’or standardisées au niveau du secteur ?

J.D. : C’est une vraie question mais le problème, c’est la gestion du changement. Globalement, tous les acteurs s’accordent sur le fond. Toutefois, je suis convaincu que la définition de règles propres à chaque entreprise contribue à leur appropriation, même si cela peut être compliqué pour les contractants.

P.L. : Je suis entièrement d’accord. Une terminologie propre à chaque acteur est clé pour faciliter l’appropriation de ces règles par les collaborateurs.

 

Le mot de la fin : Que vous inspire la mise en place de ces règles chez BOURBON ?

Nous encourageons cette initiative à 100 % et sommes prêts à échanger avec BOURBON pour progresser. Avec le recul, notre première formulation des règles d’or était sans doute trop complexe, donc notre préconisation est d’être le plus simple possible. Autre conseil : répéter les actions de communication, renouveler les messages pour inscrire ces règles dans la durée et faire en sorte qu’elles deviennent l’ADN de votre entreprise.

Jérôme Dupont
Directeur Facteurs Humains et Organisationnels de la Sécurité de TOTAL

 

  • Life saving rules take you home

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REUSSIR ENSEMBLE

Redémarrage de puits : TOTAL décerne à BOURBON le prix de l’excellence opérationnelle

En octobre dernier, lors de son traditionnel Supplier Day, TOTAL décernait à BOURBON le prix de l’excellence opérationnelle pour l’opération de « well clean-up » ou redémarrage de puits réalisée depuis un navire, le Bourbon Evolution 801. Une réussite qui démontre l’agilité de BOURBON et sa capacité à être à l’écoute de ses clients pour leur proposer des services adaptés à leurs besoins.

 

Les opérations de well clean-up sont habituellement réalisées depuis une plate-forme mobile ou jack-up. Pourtant, en janvier dernier, c’est depuis un navire MPSV (Multi Purpose Support Vessel), le Bourbon Evolution 801, que l’opération de redémarrage de puits sur le champ OFON de TOTAL au Nigéria a eu lieu. Objectif : travailler plus rapidement, de manière sécurisée, et à moindre coût. Pour l’occasion, le navire a été équipé de séparateurs d’hydrocarbures, de capacités de stockage supplémentaires et de 2 lignes d’import d’hydrocarbures et d’export/ retour de gaz vers la plate-forme. Avant de démarrer l’opération, les deux partenaires ont étudié l’ensemble des situations en mode normal et dégradé, et les processus de décisions en cas d’incidents. Des exercices à blanc ont ainsi été réalisés par le commandant, son équipage ainsi que l’équipe de TOTAL, afin d’acquérir les bons réflexes en opération.

 


L'ancitipation et l'analyse des risques en termes de sécurité ont été clé pour réussir cette opération.

 

« Le commandant doit être en mesure de prendre rapidement la bonne décision, en cas d’éruption du puits, ou de dégazage de la torchère du champ. La reprise d’hydrocarbures à bord du navire est particulière, risquée et contraignante. Chaque étape doit donc être parfaitement maîtrisée... », souligne Patrick Belenfant, Senior VP Subsea Services

 

Anticiper, analyser, s'adapter

Cette première a été récompensée par le prix d’excellence opérationnelle de TOTAL à l’occasion de son « Supplier Day 2017 ». Une distinction saluant la qualité d’exécution et la sécurité de cette opération mais aussi les réductions de coûts obtenues, avec des gains de 4 millions de dollars pour la compagnie. Sans oublier des délais réduits à une trentaine d’heures ! Au-delà de ces résultats tangibles, cette reconnaissance distingue la capacité de BOURBON à s’adapter pour proposer des solutions innovantes adaptées aux attentes de ses clients. « C’est notre proximité avec TOTAL, notre coopération de longue date, les compétences et le professionnalisme des équipes qui nous ont permis de réussir ».

 

Gage de confiance

« Nous espérons que ce well clean-up ouvre la voie à de futures opérations similaires » conclut Patrick Belenfant. « Savoir que nous l’avons mené avec succès pour TOTAL est un gage de confiance pour nos autres clients. »

 

« Plutôt que de faire appel à une plateforme ou à un navire de forage, TOTAL a préféré innover et monter cette opération à partir de l’un de nos navires. En coopération avec TOTAL, nous avons travaillé à l’analyse des risques en termes de pollution et de sécurité afin de mettre en place toutes les mesures de mitigation nécessaires au bon déroulement de cette opération. »

Hélène Butat, Project Manager

 

EN IMAGES

Les remorqueurs de terminaux offshore

Les remorqueurs de terminaux BOURBON sont dédiés à l’assistance et interventions sur les terminaux pétroliers et gaziers offshore et spécialisés dans l’assistance des FPSO
BOURBON compte 9 remorqueurs de terminaux offshore dotés d’un bollard pull oscillant entre 70 t et 100 t, dont le Bourbon Auroch (série de 4 navires)
Les Bourbon Rhesos (photo) et Bourbon Rhode, remorqueurs releveurs d’ancre de 100 t de traction, sont équipés de moyens de lutte anti-incendie FiFi1 et peuvent assurer le pompage et le stockage de fuites de pétrole
Le Luegi est principalement utilisé pour l’assistance des tankers qui s’amarrent sur les bouées des FPSO ou en tandem directement amarrés au FPSO
REGARDS CROISÉS

Partenariat BOURBON – Bureau Veritas : des opérations fiabilisées à coûts optimisés

BOURBON et Bureau Veritas (BV) ont noué un partenariat stratégique en vue de digitaliser les opérations des navires. Retour sur cette collaboration avec Jean-François Segretain, Directeur Technique chez Bureau Veritas Marine & Offshore, et Frédéric Moulin, Vice-Président Innovation & Standards opérationnels chez BOURBON.

 

Comment ce partenariat est-il né ? 

Jean-François Segretain : Chez Bureau Veritas, soutenir nos clients pour assurer la sûreté et la sécurité lors de l’installation de nouvelles technologies sur leurs navires est inscrit dans notre ADN. Les technologies connectées pour les navires offrent aux armateurs la possibilité d’améliorer leurs performances, de réduire leurs coûts et d’assurer une exploitation plus durable. Outre la réalisation d’une transformation digitale interne, Bureau Veritas a investi dans des compétences et outils spécifiques aux navires connectés (« smart vessels »). Nous devons à présent tester notre nouvelle approche avec des clients afin de garantir que nous avons bien compris leurs besoins. Ayant procédé à la classification d’un grand nombre de navires BOURBON et ayant travaillé en étroite collaboration au fil des ans, nous comprenons l'activité de BOURBON, et étions très désireux de collaborer avec le groupe pour continuer à développer notre offre SmartShip.

Frédéric Moulin : C’est la première fois que nous collaborons sur le domaine des technologies numériques, mais nous avons beaucoup travaillé ensemble par le passé sur des spécifications maritimes. L’opportunité de coopérer sur ce point est née d’une volonté commune de développer et déployer des principes concrets de Smart shipping . 

Dans les services maritimes, les technologies connectées sont sources de réduction des coûts d’exploitation tout en maintenant les standards de qualité et de sécurité les plus élevés.

Qu’espérez-vous obtenir de ce partenariat ? 

F.M. : Dans les services maritimes, les technologies connectées sont sources de réduction des coûts d’exploitation tout en maintenant les standards de qualité et de sécurité les plus élevés. Si le numérique et la modernisation de certains de nos navires améliorent notre efficacité et notre productivité, nous devons néanmoins convaincre nos clients que nous minimisons les risques opérationnels provoqués par ce changement – les acteurs de l’industrie pétrolière et gazière possèdent une culture très forte de la sécurité. Leur acceptation des innovations que nous introduisons est donc importante pour nous. C’est pourquoi notre partenariat avec Bureau Veritas est essentiel. Nos clients ont ainsi l’assurance que nous avons évalué tous les risques relatifs à la sécurité, la pollution, etc., avec un acteur parfaitement au fait de l’ensemble des règlementations.

J.-F.S. : La certification des innovations atteste de leur conformité aux spécifications de la classification. Pour pouvoir fournir de tels certificats, le partenariat permet à Bureau Veritas de s'impliquer en amont dans les projets BOURBON et de soutenir le groupe pour s'assurer que les risques sont correctement identifiés et atténués.

F.M. : Notre travail commun est centré sur les nouvelles technologies permettant l’automatisation ou la rationalisation de certaines tâches tout en respectant l’ensemble des règlementations.

 

Un pilote d’automatisation avancée du positionnement dynamique a déjà été développé et mis en place sur le Bourbon Explorer 508 en opération à Trinité-et-Tobago. Quel rôle a joué Bureau Veritas dans ce projet ?

J.-F.S. : Il y a 18 mois, BOURBON nous a demandé d’effectuer une analyse des risques pour un projet d’automatisation de systèmes de navigation et de réorganisation de la passerelle. Nous nous sommes ensuite rendus sur le navire pour contrôler l’installation correcte de l’équipement. Dans le même temps, nous avions conscience que la transmission de données à la terre allait créer de nouveaux risques en matière de cyber sécurité. Avant de certifier la gestion des risques, nous avons suivi le même processus d’évaluation en amont, conformément aux règles de classification de Bureau Veritas.

 

Au sein de Bureau Veritas, nous procédons actuellement à la transformation digitale de nos processus d’inspection. Certaines technologies ont déjà été validées par les autorités règlementaires, et nous les partageons avec BOURBON pour gagner du temps.
JEAN-FRANCOIS SEGRETAINDirecteur Technique, Bureau Veritas Marine & Offshore

Quelle est la prochaine étape du partenariat ?

F.M. : Nous sommes dans les phases d’innovation; dans le cadre de notre programme Smart shipping, nous explorons de nouvelles opportunités pour connecter et moderniser la passerelle, notamment avec la digitalisation de tous les postes de travail à l’aide d’un logiciel de positionnement dynamique plus autonome et intelligent. Avec Bureau Veritas, nous allons travailler sur des dispositifs de contrôle à distance et des applications intelligentes pour l’équipage. Nous entendons ainsi concevoir des outils qui, selon nous, deviendront de nouveaux standards.

J.-F.S. : BOURBON travaille avec le fournisseur d’équipements Kongsberg Maritime à la mise en place d’une vérification continue du système DP. En parallèle, chez Bureau Veritas, nous élaborons des procédures permettant de vérifier en continu la nécessité de réduire le besoin en inspections DP. L'avantage pour nos deux compagnies réside dans nos réalisations concrètes et dans la participation au développement d’un pilote. Travailler sur ce projet nous donne, ainsi qu'à BOURBON, une longueur d'avance.

Nos clients ont l’assurance que nous avons évalué tous les risques relatifs à la sécurité, la pollution, etc., avec un acteur parfaitement au fait de l’ensemble des règlementations.
Frédéric MoulinVice-Président Innovation & Standards opérationnels, BOURBON

Bureau Veritas, leader mondial en certification maritime

Bureau Veritas, un des leaders mondiaux en certification et en évaluation de la conformité, aide ses clients à relever les défis de plus en plus grands posés par la qualité, la sécurité, la protection environnementale et la responsabilité sociale. Présent dans un large éventail de secteurs et d’industries, Bureau Veritas possède une division spécialisée Marine & Offshore. Bureau Veritas prend en charge la classification des navires et les inspections, accompagnant ainsi les armateurs dans la mise en œuvre des dernières législations en matière de sûreté, de sécurité et de maintenance. L’entreprise est en outre engagée dans le développement de l’utilisation du numérique pour améliorer la performance opérationnelle de ses clients.