EDITO

De la force de nos fondamentaux...

Tout bon architecte sait que pour garantir la pérennité d’un édifice, il lui faut des fondations solides pour lui permettre d’affronter au mieux les aléas du temps. L’entreprenariat ne déroge pas à cette règle de bon sens. L’histoire récente de BOURBON en apporte une preuve supplémentaire.

Notre groupe a en effet su mener de front, depuis près de deux ans, un plan de transformation ambitieux tout en s’appuyant sur ses fondamentaux, piliers de son excellence opérationnelle :

  • la sécurité et la compliance, nos engagements prioritaires, sur le théâtre des opérations comme à terre, partout dans le monde. Nos Life Saving Rules en matière de sécurité sont ainsi un rappel constant de notre objectif du « zéro incident »,
  • la compétence de nos collaborateurs, qualifiés, formés et expérimentés, délivrant des standards d’excellence reconnus par nos clients et garantissant ainsi leur satisfaction,
  • la disponibilité technique de nos navires, renforcée par une maintenance à la fois corrective, bientôt préventive et prédictive, permettant d’assurer la continuité du service malgré des contraintes budgétaires fortes,
  • la maîtrise des coûts, permise notamment par la standardisation et la digitalisation de notre flotte.

BOURBON a entrepris sa transformation, adopte un nouvel état d’esprit et enrichit son offre de nouveaux services tout en faisant évoluer son modèle opérationnel, en maîtrisant ses coûts. C’est toute l’ambition du plan stratégique #BOURBONINMOTION. Pour autant, le groupe n’oublie pas d’où il vient et sur quels atouts il a fondé son leadership. Ambition & pragmatisme, tel est son leitmotiv. Innover sans négliger ses standards de qualité opérationnelle qui ont fait et continuent de faire sa force, tel est son choix stratégique. Nos équipes poursuivent ainsi chaque jour leurs missions de support aux industriels de l’Oil&Gas, en apportant de surcroit leur expertise à de nouveaux partenaires, dans de nouvelles régions, avec une obsession : la satisfaction de nos clients.

 

Gaël Bodénès
Directeur Général

 

Paroles d'expert

BOURBON se positionne au Guyana

Selon les acteurs de l'industrie pétrolière, la production de pétrole d'ExxonMobil sur les champs Liza et Payara dans le bassin du Guyana, au large de la côte sud-américaine, sera équivalente à celle de l'Angola d'ici 5 ans. BOURBON a implanté une nouvelle filiale au Guyana pour être prêt à saisir les opportunités en ce qui concerne les PSV ainsi que les AHTS. Edward Rose Cooper, Directeur Général de Bourbon Guyana, explique les perspectives pour BOURBON dans cette région.


PartnerShip : Quels éléments ont amené BOURBON à créer une nouvelle filiale au Guyana ?
Edward ROSE COOPER
: Je savais qu'ExxonMobil était très optimiste concernant ses projets d'exploration offshore. En effet, l'entreprise avait déjà réalisé d'importantes découvertes, notamment au niveau des puits Liza 1, Liza 2 et Payara. Liza 1 entrera en production début 2020, suivi de Liza 2 et Payara en 2022 et 2023. Dans 5 ans, la production de la région rivalisera avec celle de l'Angola - les perspectives sont de cet ordre de grandeur. J'ai convaincu nos dirigeants de l'intérêt de la région. Nous avons immédiatement lancé le processus pour créer la société Bourbon Guyana en tant que filiale de Bourbon Marine & Logistics. Nous avons ouvert notre bureau au Guyana le 17 mai 2019, soit moins d'un mois après avoir reçu notre certificat d'enregistrement. Il n'aurait pas été possible de répondre à des appels d'offres au Guyana depuis notre base de Trinité-et-Tobago. En effet, le gouvernement guyanien incite fiscalement les entreprises à venir s'implanter dans le pays, puisque c'est le début de l'essor de sa production pétrolière. Dans un premier temps, nous avons remporté un appel d'offres pour 2 OSV. D'autres appels d'offres sont en cours. Nous ne sommes pas la première entreprise de services maritimes à s'implanter au Guyana. Mais, nous sommes très bien placés pour remporter de prochains contrats avec Exxon Mobil et avec d'autres acteurs majeurs, comme Saipem.

 

PartnerShip : Quels sont les points forts de BOURBON sur lesquels vous pourrez vous appuyer ?
E.R.C. : Notre vaste présence internationale nous offre une expérience particulièrement significative dans la création de stratégies « local content », c'est-à-dire l'utilisation au maximum des ressources locales pour que le pays hôte et sa population bénéficient de l'exploitation pétrolière. Le Guyana est un pays très pauvre. Son gouvernement est déterminé à ce que les communautés locales profitent le plus possible de l'essor économique apporté par l'exploration et l'extraction pétrolières. C'est exactement en adéquation avec nos objectifs en matière de RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises). Notre capacité à innover et à élaborer des solutions pour répondre aux besoins de nos clients pendant les projets est déjà perçue très positivement par nos clients potentiels au Guyana. Nous avons déjà travaillé ensemble dans de nombreuses autres régions du monde. Le savoir-faire industriel du Guyana se situe plus au niveau de l'exploitation minière et forestière que dans l'exploitation pétrolière et gazière. C'est vraiment l'occasion d'apporter notre expertise.

" Notre capacité à innover et à élaborer des solutions pour répondre aux besoins de nos clients pendant les projets est déjà perçue très positivement par nos clients potentiels au Guyana."
Edward ROSE COOPERDIRECTEUR GÉNÉRAL DE BOURBON GUYANA

PartnerShip : Quelles sont les difficultés auxquelles vous devez faire face ?
E.R.C. : Comme l'industrie n'est qu'à ses débuts au Guyana, la disponibilité des infrastructures et des équipements est très limitée. Nous dépensons beaucoup d'énergie à mettre en place des réseaux de fournisseurs locaux pour répondre aux exigences gouvernementales. Un contrat-cadre régit le local content. Au moins 50 % des ressources que nous mobilisons doivent provenir de la région, y compris la main-d’œuvre. En pratique, une certaine marge de manœuvre est accordée. Cela dit, il est important de prouver autant que possible notre participation au développement de l'économie locale. Par exemple, l'essentiel de la formation fournie au personnel que nous employons doit se dérouler sur place, plutôt que d'utiliser nos installations situées à Trinité-et-Tobago.

 

PartnerShip : Quelles sont d'après vous nos perspectives économiques dans la région ?
E.R.C. : Lorsque le 3ème puits sera opérationnel en 2023, je pense qu'ExxonMobil pourrait avoir besoin de 50 PSV. BOURBON peut espérer obtenir environ 30 % de ce marché, soit près de 15 navires. Nous sommes également en cours de négociations pour fournir d'autres navires de support, peut-être entre 5 et 7. De plus, pour répondre aux besoins d'ExxonMobil, nous espérons fournir plusieurs PSV à Saipem. À moyen terme, je suis sûr que les projets offshore au Guyana représenteront une part significative des opérations du groupe.

Trois questions au country manager de saipem 

" Chez Saipem, nous sommes très enthousiastes concernant les perspectives au Guyana ". L’italien Saipem, prestataire de services en énergie et infrastructure, fut un des premiers acteurs impliqués dans le projet d'exploration d'ExxonMobil, assure Thuranthiran Nadarajah, Country Manager du Guyana. Interview.

Quelles sont les raisons qui ont amené Saipem à opérer dans cette région ?

Thuranthiran Nadarajah : En 2015, ExxonMobil a annoncé une importante découverte de pétrole en pleine mer au large des côtes du Guyana. Dès le départ, Saipem a décidé de participer au projet. En effet, nous sommes particulièrement performants sur ce type de projets. Le Guyana n’ayant aucune expérience en termes d’industrie pétrolière, nous avons alors considéré que nous possédions la culture, l'expérience et le savoir-faire nécessaires pour mettre en place les conduites et l'infrastructure sous-marine nécessaires. Nos compétences semblaient correspondre parfaitement aux besoins du pays.

Quelles sont les perspectives de développement et quels sont les obstacles que vous avez dû surmonter ?

T.N. : Dans 4 ou 5 ans, il y aura 5 FPSO1 exploités par un seul producteur. Dautres producteurs sont susceptibles d’intervenir également, de sorte que d’ici 10 ou 15 ans, il pourrait y avoir jusqu'à 10 FPSO. Les besoins seront considérables : près de 800 à 1 000 km de conduites, 200 à 300 structures sous-marines et 500 à 800 jumpers2. Chez Saipem, nous attendons avec impatience cette période passionnante au Guyana, avec au moins 20 ans de perspectives. Le principal défi auquel nous sommes confrontés, c'est l'absence totale d'infrastructures : il n'y a même pas de réseau routier adapté au transport d'équipement lourd. Un autre problème au Guyana, c'est que toutes les informations relatives au transport maritime et aux procédures douanières sont toujours enregistrées manuellement. Cela prend du temps. Cependant, il existe un potentiel énorme, non seulement pour Saipem, mais également pour nos partenaires et nos fournisseurs, pour mettre en place de nouvelles infrastructures et introduire des systèmes modernes.

Comment voyez-vous votre partenariat avec BOURBON au Guyana ?

T.N. : BOURBON apporte régulièrement des solutions aux défis de la chaîne logistique. Personnellement, j'ai toujours eu d'excellentes relations avec les commandants et les équipages de BOURBON. Ils sont très professionnels. Sachant que d'autres producteurs vont également s’installer dans la région, il y aura beaucoup de travail pour une entreprise comme BOURBON, pour des navires supply à positionnement dynamique, mais également des remorqueurs et des barges.

1 : Floating Production Storage and Offloading ou unité flottante de production, de stockage et de déchargement.
2 : Conduites permettant de raccorder deux structures sous-marines.

 

Ils témoignent

Contrat avec fuel incentive : une première

Bourbon Gabon vient de signer un contrat long terme de support à la production (tanker lifting, product supply, cargo...) pour 2 AHTS, les Bourbon Liberty 221 et 225. Signe particulier de cet accord : il est indexé à un objectif de consommation de fuel des navires. Une première pour BOURBON ! Les explications de Gildas Courau, Directeur Général de Bourbon Gabon.


PartnerShip : BOURBON n’avait encore jamais signé de contrat de ce type. Quel en est le principe et pourquoi avoir fait ce choix ?
Gildas Courau : Nous connaissons tous le contexte, un marché des OSV déprimé et des taux d’affrètement très bas dus à une surcapacité de navires. Nous avons donc entamé la réflexion suivante : qu’est-ce qui différencie nos navires de ceux de nos concurrents ? La réponse est simple : la propulsion diesel-électrique, qui équipe la majeure partie de notre flotte. Rappelons également que BOURBON possède 80% de la flotte diesel-électrique en shallow ! Ces navires consomment beaucoup moins que les navires à propulsion traditionnelle, et notamment nos Bourbon Liberty 200. Je crois qu’il n’y a quasiment pas de navires sur le marché qui consomment aussi peu. Nous tournons à moins de 5 m3 de fuel par jour quand les autres navires sont à 9 ou 10 m3. C’est un véritable avantage concurrentiel car, rappelons-le, ce sont les clients qui prennent en charge le fuel. Nous avons donc décidé de proposer au client un contrat avec « fuel incentive ». Cela signifie que nous nous engageons contractuellement sur des objectifs de consommation de fuel. Le taux d’affrètement est un peu plus bas mais si nous sommes plus performants que cet objectif de consommation, nous aurons un bonus de 5% sur le taux d’affrètement. Dans le cas contraire, nous aurons une pénalité. Voilà pour le principe général.

PS : Comment le client a-t-il reçu cette proposition ?
G.C. : Le client a immédiatement montré de l’intérêt pour ce principe novateur, et nous avons fait preuve de pédagogie pour qu’il perçoive au mieux le gain potentiel pour lui. Dans ce type de contrat, le plus important est de comprendre que le bonus potentiel accordé à BOURBON ne représente pas une augmentation des coûts pour le client. Si nous obtenons ce bonus, le taux d’affrètement sera certes plus élevé mais ce surcoût demeurera nettement inférieur au gain réalisé par les économies en fuel. Le client restera donc le principal bénéficiaire des économies réalisées. La notion de partage de gains est essentielle.

PS : Comment évaluez-vous la réussite de ce contrat ?
G.C. : Comme pour tout nouveau modèle, il a fallu évaluer les risques. Nous avons utilisé notre historique des opérations avec le client pour évaluer la consommation courante des navires. Nous ne nous sommes pas jetés dans l’inconnu. Pour l’instant nous sommes donc sur un contrat prudent qui sera, je l’espère, une première étape vers des contrats encore plus ambitieux. Dès le premier mois de contrat, nous pouvons constater que les équipages se sont fortement mobilisés pour tenir leurs objectifs. Les consommations des 2 navires ont considérablement diminué pour se placer à 4,5 m3 /jour pour l’un et 3,9 m3 /jour pour l’autre. Nous pouvons saluer le professionnalisme de nos marins ! C’est pourquoi je suis raisonnablement confiant sur le long terme, je pense que nous devrions atteindre notre objectif si tous les acteurs restent aussi impliqués.

PS : Vous pensez notamment à l’équipage ?
G.C. : Oui mais pas seulement. L’équipage des navires a bien évidement un rôle central, il a été fortement sensibilisé, notamment par les Contracts Managers, aux mécanismes qui nous permettront de réussir à atteindre nos objectifs. Les commandants ont les moyens de gérer au mieux la consommation de leur navire avec ODA1. Mais, et j’insiste sur ce point, c’est surtout un vrai travail d’équipe ! Pour que ça marche, tout le monde doit tirer dans le même sens - l’équipage, l’Operations Manager, le Contracts Manager - d’autant qu’il y a des relèves, des back-up, etc., nous devons être très vigilants sur le niveau d’information et d’engagement de tous les intervenants.

PS : Existe-t-il des discussions avec d’autres clients pour des contrats de ce type ?
G.C. : La consommation de fuel peut être difficile à évaluer sur un contrat totalement nouveau mais des discussions sont en cours avec le même client pour un contrat de ce type sur une autre zone géographique. Je suis par ailleurs en discussion avec d’autres clients pour ajuster modifier ou convertir des contrats en cours. D’ailleurs le principe de bonus-malus lié à la performance du taux de service pourrait également s’appliquer à des contrats surfers dans le futur. Mais à ce stade, être parvenu à cet accord est déjà un vrai succès, qui nous montre vers où nous devons aller.
 

1 ODA : Operational Data Application. Outil de reporting quotidien des données navire relatives notamment à la consommation de fuel.

Réussir ensemble

HYDRAUSERV : une équipe dédiée aux équipements électro-hydrauliques

Toujours à l'écoute de ses clients et pour répondre à leurs attentes en matière d’expertise des grues, Bourbon Subsea Services a créé HYDRAUSERV, un offre complète de services de maintenance et d'optimisation des installations électro-hydrauliques. Philippe Duquennoy est le manager de cette équipe dédiée. Reportage.

 

Bourbon Subsea Services est reconnue pour l’entretien et la disponibilité de ses 37 grues sur navires subsea de capacité de 20 t a 250 t et de puissance de 280 KW a 3500 kW. Ces équipements sont entretenus par les experts techniques internes en electro-hydraulique et les chefs mécaniciens à bord des navires.

Bourbon Subsea a décidé d’étendre ce services à ses clients et se pose désormais en fournisseur de solutions pour les équipements de manutention électro-hydrauliques : grues, bien sûr, mais aussi treuils, pipe handing ou même équipements portuaires. « Nous proposons des services de maintenance, ponctuellement ou en contrats pluri-annuels, des solutions de réparation et d'amélioration des équipements et des surveys avec suivi » explique Philippe Duquennoy. La demande des clients pour de tels services était très forte, ce qui a conduit Bourbon Subsea Services à créer ce nouveau département courant 2018. L'équipe réalise donc des opérations dans le monde entier, sur toutes les marques et pour toutes les capacités d'équipements. Ses points forts ? La connaissance aiguë de l'électro-hydraulique, sa capacité opérationnelle à gérer les interventions rapidement et son pouvoir de conseil, que ce soit dans la politique de maintenance des équipements que dans l'amélioration des installations. « Nous réalisons par exemple le contrôle des câbles de levage des RPS 400 t (Riser Pulling System) afin de raccorder les risers du champ Zinia sur le FPSO Pazflor. Cette intervention comprend un contrôle magneto-inductif qui permet de connaître l'état du câble en profondeur, sans avoir besoin de le déposer, puis, un graissage sous-pression du câble et enfin une back-tension pour l'enrouler parfaitement sur son tambour. Le tout, sans gêner la production du FPSO » témoigne Philippe Duquennoy. Et les retours des premiers clients sont excellents. L’offre HYDRAUSERV intègre par ailleurs, des procédures techniques et de sécurité détaillées et dédiées à l'opération, ce qui est particulièrement apprécié par les clients. « On apporte une vraie expertise technique dans ce domaine précis à l'offshore. On travaille dans les règles de l'art et en toute sécurité, garanties qui sont attendues par nos clients », conclut-il.

" On apporte une vraie expertise technique dans ce domaine précis à l'offshore. On travaille dans les règles de l'art et en toute sécurité, garanties qui sont attendues par nos clients "
Philippe DUQUENNOYMANAGER HYDRAUSERV

FPSO Kaombo : HYDRAUSERV au chevet des grues

L’intervention de l’équipe de Bourbon Subsea Services auprès des FPSO Kaombo Norte & Sul illustre leur capacité à résoudre les problèmes les plus pointus. A la réception du FPSO Kaombo Norte, des dysfonctionnements complexes sont diagnostiqués sur les grues. L'équipe HYDRAUSERV est alors dépêchée à Singapour, sur le chantier de construction de Kaombo Sul. Elle identifie des erreurs de montage et de connection sur des grues de 25 tonnes, préalablement mal réceptionnées et pour lesquelles le constructeur n'a pas réalisé de mise en service adéquate. Après une semaine de travaux et de tests, les grues seront finalement opérationnelles. HYDRAUSERV propose alors en parallèle au client d'améliorer également ses procédures de maintenance pour optimiser les MTTR (Mean Time To Repair) et MTBF (Mean Time Between Failure). Cette intervention a été saluée par le client qui a souhaité étendre cette collaboration sur Kaombo Norte.

 

En images

Assistance et sauvetage : Les Abeilles en action !

La société Les Abeilles assure depuis 1976 la protection des 3 120 km de côtes françaises grâce à 5 remorqueurs d'assistance, de sauvetage et de dépollution et à 2 navires de service.
Les remorqueurs Les Abeilles assurent des missions de prévention des échouements, d’assistance et sauvetage des navires en détresse, de lutte contre la pollution par hydrocarbures.
S’appuyant sur le savoir-faire de plus de 100 collaborateurs, les remorqueurs Les Abeilles ont réalisé plus de 430 opérations d’assistance et de sauvetage, plus de 460 escortes de navires et plus de 720 stand-by à proximité de navires en difficulté.
Le remorqueur d'intervention, d'assistance et de sauvetage (RIAS) Abeille Bourbon dans le Raz de Sein (France), par mer forte.
Regards croisés

Management & leadership : les principes-phares de la sécurité réaffirmés

Patrick Lièvre, Olivier Vinoche et Vincent Coquelet sont les HSE Manager des trois compagnies autonomes de BOURBON, Bourbon Marine & Logistics, Bourbon Subsea Services et Bourbon Mobility. Alors que le marché des services maritimes à l’offshore tend à redémarrer après une crise d’une violence sans précédent, ils expliquent comment BOURBON est parvenu à maintenir d'excellents standards de sécurité sur toute sa flotte.

 

PartnerShip : En quoi ces 4 années de crise ont-elles fait évoluer la sécurité ?

Vincent Coquelet : La crise a impliqué une baisse générale de moyens, ce qui dans certains cas a pu engendrer une augmentation des pannes, et donc une exposition aux risques plus importante. Ce fut notre plus gros challenge. Nous exigions des standards difficiles à tenir en période de moyens limités, bien que la sécurité ait toujours été notre priorité. Mais aujourd'hui, nous sommes revenus à des standards opérationnels quasiment identiques à ceux d’avant-crise, avec le plan d’investissement dans les Surfers de Bourbon Mobility.

Patrick Lièvre : Cette crise nous a poussés à changer nos modèles pour trouver d'autres moyens de maintenir nos standards de sécurité. Nous sommes revenus à des outils plus basiques, simples mais efficaces, comme les Safety Posts1, qui rencontrent un grand succès aussi bien auprès de nos équipes que de nos clients, ou encore les Life Saving Rules. Nous développons en outre notre programme Smart shipping qui sert aussi la sécurité : la digitalisation des tâches administratives chronophages permet ainsi aux équipages de rester concentrés sur l’évaluation et la prévention du risque.
 

PartnerShip : Depuis 2012 et malgré la crise, les résultats de BOURBON en matière de sécurité sont bien meilleurs que la moyenne de l'IMCA. A quoi attribuez-vous cela ?

Olivier Vinoche :  Les équipages restent très investis et notre SMS (Safety Management System) est une base solide, un outil robuste pour l'aide à l'application de la sécurité à bord. Ainsi, sur les 5 premiers mois de l'année 2019, Bourbon Subsea Services n'a eu aucun incident enregistrable a déplorer !

Patrick Lièvre : Pour moi, c'est le signe d'une maturité réelle de l'entreprise. Mais il ne faut pas se reposer sur ces données car nos résultats ont été moins bons en 2018. Nous devons toujours rester humbles et mobilisés.

Vincent Coquelet : Nous avons encore du chemin à parcourir pour atteindre une culture de sécurité optimale, mais nous ne sommes pas des débutants. La sécurité fait partie de l'ADN de BOURBON depuis de nombreuses années. Et la majeure partie des équipes travaillent très bien, dans le respect des procédures.
 

PartnerShip : BOURBON a mis l’emphase sur les visites du management à bord et sur les bases. Pourquoi avoir priorisé ce mode d’action ?

Olivier Vinoche : Effectivement, chaque manager doit effectuer au moins 4 visites par an. C'est beaucoup plus que les années précédentes et cela permet une meilleure communication avec les opérationnels, plus de contact avec le terrain, la remontée des informations plus rapidement et la meilleure implication des équipes.

Vincent Coquelet : L'implication du top management est fondamentale dans la politique de sécurité. Cela montre que la sécurité n'est pas uniquement de la responsabilité du safety manager, c'est l'affaire de tous ! Nous devons aussi aller au-delà de la sanction pour être davantage dans l'éducation. Il faut que les équipes appliquent la politique de sécurité parce qu'elles y croient et non parce qu'elles y sont contraintes. C'est tout l’intérêt des visites de terrain par le management.

Olivier Vinoche : J'ajouterais que la pression qui peut être mise sur les équipes est contre-productive car elles n'osent plus ensuite faire remonter l'information en cas d'incident. D'où la politique d'éducation que nous menons.

" L'implication du top management est fondamentale dans la politique de sécurité. Cela montre que la sécurité n'est pas uniquement de la responsabilité du safety manager, c'est l'affaire de tous !"
Vincent coqueletHSE MANAGER - BOURBON MOBILITY

PartnerShip : La réorganisation de BOURBON en trois compagnies autonomes de BOURBON a-t-elle été bénéfique pour le management de la sécurité ?

Patrick Lièvre : La segmentation a permis de se focaliser sur une seule activité et nous permet ainsi de mieux nous concentrer sur les risques propres à notre segment. Les liens ne sont pas rompus pour autant et nous nous réunissons très régulièrement pour travailler ensemble de manière proactive.

Vincent Coquelet : Pour les Surfers, ce changement a été extrêmement bénéfique avec une entité dédiée à nos problématiques. Nous avons des standards communs BOURBON, tout en étant plus focalisés et donc plus efficaces sur nos cœurs de métier respectifs. Les interlocuteurs sont également mieux définis.
 

PartnerShip : Souhaitez-vous faire passer un message particulier aux équipages ?

Olivier Vinoche : Que nous sommes là pour les soutenir. Qu'ils doivent poursuivre leurs efforts, malgré les difficultés. Les équipes arrivent à effectuer des opérations remarquables en toute sécurité grâce à la maîtrise des risques et à la collaboration des clients, qui est fondamentale.

Vincent Coquelet : Les outils dédiés à la sécurité sont là pour aider l'homme, pas pour le remplacer. Ils ne doivent pas être perçu comme une contrainte mais bien comme un support pour mieux comprendre les risques et pouvoir y faire face.

Patrick Lièvre : Grâce aux efforts des bords, la majeure partie des opérations se passent bien et on ne l'oublie pas. Au-delà de nos propres actions, il faut garder à l'esprit que la sécurité n'est pas un travail unilatéral : clients et prestataires de services doivent travailler ensemble et en toute transparence pour construire une culture sécurité globale.

 

1Safety Post - Ce support original (format bande dessinée), basé sur des événements réels, a été développé pour engager la réflexion individuelle et en équipe en initiant des discussions sur des accidents et sur les moyens de les éviter. Le Safety Post s'est imposé comme un outil de sécurité majeur, adopté par tous les employés de BOURBON.

 

3 questions à ... Nicolas Brunet, Senior VP HSE / EP de Total

PartnerShip : Comment TOTAL parvient-il encore à progresser en matière de sécurité ?
Nicolas Brunet : D'abord et avant tout, il faut un engagement sans faille de la part du management et en particulier de la direction, c’est l’élément clé. La performance HSE démarre au sommet de notre organisation avec notre CEO Patrick Pouyanné, dont la vision fixe cette valeur comme fondamentale pour le reste de l'entreprise. Cette valeur se décline ensuite au sein du groupe, de la branche EP avec Arnaud Breuillac et ensuite de ses directions et de ses divisions via notre politique HSE. Clairement, la sécurité est la toute première responsabilité opérationnelle de nos business units et de nos filiales. Elle repose à la fois sur le management et sur le leadership. Nous en avons fait la valeur fondamentale de notre organisation, car on ne transige pas avec une valeur ! Elle se vit au quotidien (avec le rituel des safety moments ou les Perfect Day par exemple) car chaque jour sans accident est une victoire.
 

PartnerShip : Vous semblez opposer les notions de management et de leadership. Comment les distinguez-vous ?
N. B. : Je ne les oppose pas, elles sont complémentaires. En revanche je confirme qu’en matière de sécurité, un manager et un leader ne sont pas tout à fait sur le même terrain. Selon moi, le rôle du management consiste à affronter la complexité, à fixer des cadres et à s’assurer qu’ils sont respectés, à mesurer, à se concentrer sur les systèmes, à suivre la vision, à organiser les collaborateurs, etc. concentré sur les objectifs. Le leadership consiste à faire face, voire à initier le changement, à communiquer et à livrer la vision, l'inspiration... Plus que sur les objectifs matériels ou mesurables, il est centré sur les personnes et leur comportement, leur évolution dans un processus d’amélioration continue. Son action doit être portée par de fortes valeurs humaines. Un dirigeant, un responsable, un chef d’équipe doit pouvoir se comporter en leader, en manager ou en coach selon les besoins et l’environnement de travail.
 

PartnerShip : BOURBON a priorisé les visites sur site, avec des résultats immédiats en termes de résultats sécurité. Que pensez-vous de la visibilité du management sur le terrain ?
N. B. : C’est essentiel et je ne cesse de porter ce message à l’ensemble des équipes. La gestion de la sécurité passe par une parfaite connaissance des hommes, du terrain et par un partage des bonnes pratiques comme des erreurs à ne plus commettre. Pour cela, il faut se rendre sur les sites, parler non seulement aux chefs d’équipe mais aussi à tous les collaborateurs, transmettre autant que possible cette culture de la sécurité, l’engagement nécessaire pour l’acquérir et convaincre de la nécessité du respect des procédures. Etablir cette proximité, c’est aussi et surtout faire preuve de respect envers les hommes, leur montrer que l’on s’intéresse à eux, que l’on a de la considération pour leur travail quotidien, pour leur rôle au sein de l’entreprise et du projet. On ne peut parler sécurité si l’on n’est pas attaché aux personnes et ce quel que soit la société pour laquelle nous travaillons. C’est tous ensemble que l’on doit progresser.

 

Panorama

Cabines de Crew boats : une nouvelle expérience passager

Bourbon Mobility poursuit sa révolution. Après avoir réorganisé son offre de services, le leader des transports de personnel - près de 3 millions de passagers par an - revoit à présent le design de ses cabines de Surfers pour répondre aux demandes de ses clients, toujours plus soucieux de voyager dans des conditions de confort et de sécurité optimales. Pour ce faire, la compagnie a fait appel au studio Peugeot Design Lab, qui a relevé le défi.


Inspiré de l’aviation, ce nouveau design projette clairement les Crew boats Bourbon Mobility dans une nouvelle dimension. « Business class » ou « Eco premium », ces nouveaux équipements, soignés jusque dans les moindres détails, répondent à une volonté forte de valoriser l’expérience passager : « Bourbon Mobility affiche clairement son ambition d’établir de nouveaux standards de confort dans le transport de personnel » déclare François Leslé, son CEO. « Cela se matérialise aujourd’hui par un bond en avant dans le design intérieur de nos Crew boats qui, nous n’en doutons pas, répondra aux attentes de nos passagers et contribuera in fine à renforcer notre leadership ».

Un nouveau design qui se devait d’être au service de la sécurité, priorité absolue de BOURBON : les sièges intègrent donc des poignées qui facilitent les déplacements lors du roulis et du tangage et les zones de déplacement, aisément identifiables, favorisent une circulation fluide. Les écrans diffusant les consignes de sécurité ont en outre été agrandis tandis que les gilets de sauvetage sont davantage visibles et très accessibles.

Vues 3D du nouveau design des cabines de surfers

Une montée en gamme immédiatement perceptible

Les designers du studio Peugeot Design Lab ont parfaitement traduit le cahier des charges de Bourbon Mobility aussi bien en termes d’ergonomie que de confort. « Ce projet de design des cabines de Crew boats est au carrefour des travaux que nous avons pu mener dans l’aéronautique, le ferroviaires ou le nautisme, ce qui le rend particulièrement intéressant » souligne Arnaud Gournac, Directeur de Peugeot Design Lab, Peugeot Cycles et Peugeot Life Style. « Il est évident que ce nouvel aménagement est appelé à transformer le voyage des personnels de l’industrie oil & gaz, en permettant par exemple aux passagers de demeurer plus longtemps dans une zone de confort qu’ils ont pu apprécier, le plus souvent, dans l’avion qui les a amenés sur site. Les accompagner du mieux possible jusqu’à leur lieu de travail dans un environnement rassurant fut un challenge passionnant ». L’offre « Business Class » propose ainsi des sièges dotés de maintiens latéraux, d’appui-têtes enveloppants et d’un repose-mollets, leur inclinaison est ample et l’espace aux genoux important. Les vitres d’un format panoramique et les couleurs claires de la cabine renforcent les sensations d’espace et de respiration. On retrouve par ailleurs dans cette nouvelle cabine des rangements fermés positionnés en hauteur, un repose-tablette numérique et une prise USB pour profiter de l’offre de divertissements disponible à bord.

Le premier Crew boat équipé de cette cabine nouvelle génération sera un Crewliner, Surfer de 36m ayant une capacité d’embarquement de 46 passagers. Date de livraison prévue : fin 2019, avant l’implémentation des autres navires de la flotte au fil de l’eau, sur le principe du Plug & Play, à partir de 2020.